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Intense transformation: mon accouchement à dos de cheval

Intense transformation: mon accouchement à dos de cheval

Les gens me demandent parfois quelles ont été mes expériences de vie les plus marquantes. À bien y réfléchir, je dirais vivre, tout simplement ! Mais si je regarde plutôt du côté de l’intensité ressentie, je répondrais que mon expérience la plus marquante a été de donner la vie. Cette expérience m’a transformée pour me mener à un autre niveau de conscience face à ce que je suis. Et par les apprentissages que j’y ai faits, elle m’aide chaque jour à accompagner mes clients sur la voie de la transformation.

Pour mon second enfant, j’ai accouché à la maison avec une sage-femme (pour votre info, c’est tout à fait légal et sécuritaire. C’est même payé par la RAMQ). Juste avant d’aller me coucher ce soir-là, le temps était orageux et je savais que cette nuit verrait naître mon bébé. J’adore ce temps électrique, où tous semblent retenir leur souffle ! À deux heures du matin, j’ai pensé entendre dans mon sommeil un gros « boum » qui a résonné à l’intérieur. Aussitôt, les contractions qui s’étaient un peu apaisées pendant mon sommeil ont recommencé de plus belle. La poche des eaux s’était-elle rupturée ? Je sentais un peu de liquide couler de temps à autre… de simples fuites d’urine ? Et comme les contractions étaient identiques à celles que j’avais depuis déjà plusieurs jours, j’hésitais à appeler ma sage-femme. On avait déjà eu quelques fausses alertes… En regardant l’air de mon mari « pas de blague, je ne veux pas être tout seul si tu accouches », j’ai appelé. Entre les premières contractions finalement très supportables, je me faisais couler un bain et mon mari finissait les préparatifs. À peine le temps de me détendre un peu dans l’eau chaude que hop, se pointait l’envie de pousser. Déjà ? La dilatation ne peut pas être finie, je n’ai pas eu assez mal il me semble !

J’étais si bien et si confiante. Je suis allée m’étendre sur notre lit, toute excitée de savoir que nous allions bientôt rencontrer notre bébé. Le pire a été alors de traverser « l’épreuve » de la bande de col. J’en gardais un bien mauvais souvenir depuis mon premier accouchement. Pendant une heure, j’avais poussé dans un col d’utérus qui ne faisait qu’enfler et la sage-femme tentait de faire passer par-dessus la tête du bébé. Cette fois-ci, au lieu de résister et de me laisser aller à la peur, je me suis abandonnée plus que jamais aux forces merveilleuses qui habitaient mon corps et qui me permettaient de faire naître mon bébé.

Lors de mon premier accouchement, je ne me sentais pas prête à laisser mon bébé venir dans ma vie, à venir me changer à tout jamais. Je n’ai pas eu le temps de lâcher prise réellement pendant l’accouchement, car le pouls du bébé s’est mis à ralentir dangereusement et j’ai dû pousser très fort de façon dirigée, sans être prête à cela. Pendant l’accouchement de mon deuxième bébé, j’ai laissé mon corps dire « oui, oui, tu es la bienvenue » et la bande de col s’est effacée. Dix minutes de contractions intenses et très rapprochées plus tard, ma petite était dans mes bras. Je l’ai senti descendre dans mon bassin, étirer mon périnée et glisser tout doucement. J’étais émerveillée d’avoir le périnée presque intact malgré un si gros bébé (9 lbs 5on, soit 4,2 kg) venu au monde en moins d’une heure trente. Pour mon premier, pourtant un peu plus petit, mon périnée avait une déchirure profonde et large. J’ai compris bien après que la bande de col et cette déchirure étaient tout simplement le reflet de ma résistance à devenir mère et à vivre les multiples deuils qui y sont liés. Cette fois-ci, j’étais tellement ouverte !

Pendant les contractions, je me sentais comme si j’étais à dos d’un cheval lancé au grand galop, sans aucune selle. Au moindre moment d’inattention, au moindre relâchement, je serais tombée. Mais en même temps, au moindre effort de contrôler les mouvements du cheval, je serais tombée aussi. Et il n’y avait aucun moyen d’arrêter ! Il me fallait attendre sagement qu’il le décide. Je ne pouvais que me fondre à lui et suivre le mouvement, attentive et confiante. Une fois ceci bien intégré, je pouvais profiter du voyage et apprécier la vitesse et la puissance du cheval. Sentir mon corps faire un avec le sien. Exactement comme pendant mon accouchement où je me laissais porter par les contractions devenues folles !

Je me suis abandonnée comme jamais à l’ouragan qu’était devenu mon corps. Je me sentais toute puissante, habitée d’une force qui me dépassait, mais qui savait exactement quoi faire pour que tout se passe bien. J’y étais, mais je n’y étais plus en même temps. Je voyais le moindre détail, je sentais le moindre mouvement de mon bébé, tout en étant dans un état de flottement agréable. À un certain moment de la poussée, je me suis sentie comme une déesse. J’étais en train de donner la vie, toute seule, par ma seule force ! Malgré une certaine douleur, j’avais une envie irrésistible de rire (oui, c’est possible, c’est même plus courant qu’on le pense ! Regardez l’excellent documentaire Orgasmic Birth si vous n’êtes pas convaincu !).

En même temps, je ne me suis jamais sentie aussi près de la mort. J’ai alors vraiment compris que dans l’acte d’accoucher, la vie et la mort s’entremêlent intimement. On croit bien sûr que la vie triomphera, mais on sait aussi que la mort est toute près. J’ai ressenti avec le plus d’acuité cette dualité vie-mort au moment où se juxtaposent cet instant de plaisir pur lié à ce petit corps tout gluant qui glisse doucement là où j’avais si mal au moment où j’ai réalisé qu’elle était toute bleue et inerte… Heureusement, elle s’est vite mise à respirer, mais j’ai tout de même senti à quel point la vie est fragile et qu’il fallait du courage devant l’issue toujours incertaine d’un accouchement.

Voilà pour le récit de la naissance de ma splendide fille… Si j’ai eu l’idée de partager cette histoire ici, c’est que je crois que cela peut aider à comprendre le processus que l’on vit lorsqu’on se transforme. Je ne propose pas l’accouchement que j’ai vécu comme un idéal à rechercher, pas du tout. Il s’agit plutôt d’en examiner le processus. Car je suis persuadée que cette expérience initiatique de l’accouchement peut se vivre autrement qu’en donnant naissance à un bébé. Par le travail de coach que j’exerce, je vois continuellement des gens se transformer sous mes yeux. Ils espèrent avoir un « nouveau Soi », tel un « bébé ». Ce nouveau Soi, ils le construisent à partir de ce qu’ils sont déjà, comme un bébé se construit dans le ventre à partir des rêves et nutriments fournis par la mère… Un jour, le bon, voilà que tout se met en place pour mener à bien l’accouchement. Comme les hormones savent mener parfaitement le bal pour faire naître un nouvel être, un élan les conduit à mener à bien leur propre métamorphose en mettant tout ce qui est nécessaire sur leur chemin.

La grande majorité des clients vivent aussi les mêmes phases que durant un accouchement naturel. Pour quiconque a vécu un accouchement naturel (sans analgésique ou aucune intervention), vient très souvent un moment durant lequel on pense ne jamais y arriver. Accoucher est juste trop difficile, cela fait juste trop mal, ou c’est juste trop long… Or, il n’existe pas de péridurale dans le domaine du développement personnel ! Il n’y a que le lâcher-prise et la confiance. Il n’y a qu’à dire un grand « oui » afin de partir au galop sur le dos d’un cheval. Personne d’autre ne peut accoucher à notre place. Même si on a quelqu’un à notre côté pour nous soutenir et nous encourager, nous devons faire face seuls, courageusement, à quelque chose dont on ne connaît pas l’issue pour mener à terme notre transformation.

Je nous souhaite de vivre de nombreuses fois ce merveilleux cadeau de nous permettre de nous transformer vers un « nouveau Soi » encore plus en accord avec notre essence profonde. Et surtout, surtout, je nous souhaite de le vivre dans la joie et le lâcher-prise. Quand on est à dos de cheval, c’est tellement plus agréable, parole de mère accoucheuse !

Geneviève

Geneviève Tremblay

Co-fondatrice de Bonheur en vrac, Geneviève assure la présidence de l’entreprise et les relations avec les clients-entrepreneurs. Bien que formée en ingénierie, le chemin de Geneviève a bifurqué rapidement de la voie classique. Motivée par sa profonde passion pour le développement du potentiel humain, elle a réorienté sa carrière vers le coaching professionnel. Au départ, elle a exercé comme coach auprès d’étudiants universitaires en difficulté avant de démarrer sa pratique privée de coaching. Ainsi, au cours des dix dernières années, elle a accompagné des centaines de personnes à atteindre plus rapidement et plus efficacement leurs objectifs, en misant sur la simplification et la reprise de leur pouvoir personnel. Elle accompagne maintenant exclusivement des chefs de microentreprise à l’atteinte de la rentabilité et du succès.

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